Ces derniers jours, je rencontre beaucoup de startups (comme nous !) qui me disent : on ne se paie pas encore, donc on optimisera nos impôts plus tard … pas si vite !

Cet article a pour but d’optimiser votre rémunération sur plusieurs années, en payant le moins d’impôt possible.

Nous vous donnons les clés pour épargner chaque € possible, 100% légalement. Il ne s’agit pas de techniques d’optimisation avancées, juste du bon sens.

Contexte des fondateurs de startups :

Les quelques mois avant et après la création de votre startup sont souvent synonymes de peu (ou pas) de rémunération. C’est le passage obligé pour lancer votre projet, trouver vos premiers clients et convaincre des investisseurs. Je suis passé par là et je suis solidaire 🙂

Par contre, beaucoup l’oublient : Acter une rémunération ≠ Se payer une rémunération

Du fait de la progressivité de la taxation à l’IPP, chaque individu dispose d’une sorte de crédit fiscal annuel. Il faut l’utiliser. Si vous ne vous payerez pas de salaire, çà ne veut pas dire qu’il ne faut pas en acter un au bilan de votre société. Vous pouvez donc valablement vous « inscrire » un salaire de 1.500€ Bruts par mois et le payer plus tard …

Votre comptable choisira alors d’inscrire cette rémunération en compte courant, c’est à dire générant une dette de la société envers vous. Vous pouvez même faire payer un intérêt pour cela …

Comparaison simplifiée sur 2 ans :

Voici une comparaison simplifiée sur 2 ans (sans cotisation sociales, sans déductions privées).

Scénario 1 :

Année 1 : Rémunération = 0€/mois

Année 2 : Rémunération = 3.000€/mois

Scénario 2 :

Année 1 : Rémunération = 1.500€/mois

Année 2 : Rémunération = 1.500€/mois

 

 

Vous voyez là où je veux en venir ? Bref, n’oubliez pas d’acter un salaire la première année, même si vous ne payez pas encore ce salaire ! Cela aura des répercussions sur vos cotisation sociales, mais elles seront lissées dans le temps.

Si votre situation est plus complexe (vous avez quitté votre poste de salarié, vous avez d’autres types de revenus), prenez rendez-vous avec un expert TwinnTax, il vous aidera gratuitement.

Est-ce que cette dette va faire fuir des investisseurs ?

Non. Encore faut-il être transparent, avoir confiance en vous et pouvoir expliquer clairement ce que vous avez fait. A priori, voici comment il faut s’y prendre :

Premièrement, avoir un salaire, c’est normal :

En Belgique, les questions d’argent sont souvent tabous et on en parle pas ouvertement.

Ceci dit, un investisseur, si çà ne parle pas de pognon, çà parle de quoi ? Alors assumez, c’est parfaitement acceptable de vous accorder un salaire. Attention, on ne parle pas de prendre 10k nets/mois et une Ferrari de fonction. On parle de se payer, par exemple, 3.000€ par mois, cout société. N’exagérez pas, mais soyez pas gêné. Vous devez payer votre nourriture et votre loyer et un bon investisseur accepte cela sans problème. S’il n’accepte pas que les fondateurs reçoivent une rémunération basique, cherchez le problème ailleurs, c’est pas le salaire !

Deuxièmement, soyez transparents :

Après votre pitch, s’ils acceptent d’aller plus loin, vous devrez leur envoyer plus d’informations. Anticipez et expliquez leur clairement  ce que vous avez fait. Quelques lignes suffisent. Par exemple :

Les comptes courants gérant 489100 et 489200 = 18.000€.

Ils proviennent d’un package salarial tout-compris de 1.500€ par associé pendant 6 mois, acté au bilan, mais non payé. Nous avons mis cela en place pour minimiser nos impôts, sans toutefois compromettre la trésorerie de la société.

Troisièmement, traiter la question dans le pacte d’associés :

Maintenant que la dette est actée, la société devra la rembourser. Le mieux est d’inscrire dans le pacte d’associé, quand et comment cette somme sera remboursée. Vous pouvez prévoir par exemple :

A) Nous nous payons 3.000€ par mois. Mais durant les 6 premiers mois, nous nous payons 1.500€ de salaire + 1.500€ de remboursement du compte courant (Pour les invests, c’est pareil, pour vous c’est mieux).

B) Nous nous payons une rémunération de 3.000€ par mois. Le compte courant gérant reste en l’état, sans taux d’intérêt. Il sera remboursé intégralement aux gérants, le jour où le revenu récurrent de la société atteint 50.000€/mois.

A vous de voir les conditions exactes, mais le but sera généralement de proposer une solution qui ne défavorise pas vos investisseurs, tout en minimisant vos impôts. Demandez-leur s’ils aiment, eux, payer des impôts ?!

En général, si vous avez respecté les points 1) et 2) vos investisseurs vous guiderons eux-mêmes et ils vous diront ce qui est acceptable.

En dernier recours, on peut l’annuler :

Si vous voulez vraiment, cette dette peut être annulée très facilement. Dans ce cas, vous abandonnerez votre compte courant au profit de la société. Ca prend 2 lignes en comptabilité. Cela créera un bénéfice le jour de l’abandon du compte courant, mais toute chose étant égale par ailleurs, il sera compensé par la perte fiscale de l’année 1. Il y a même moyen de tirer sur la ficelle dans cette situation … mais on vous en parlera un autre jour …

Que pouvez-vous acter d’autre pour minimiser vos impôts ?

Toutes vos dépenses professionnelles. Nous n’allons pas vous faire une liste des frais possibles, mais attirons votre attentions sur 3 éléments souvent oubliés par les fondateurs :

1. Les Frais Propres à l’employeurs (Après constitution)

Les frais propres à l’employeur constituent un remboursement de frais dont la charge incombe à l’employeur. Il s’agit de montants forfaitaires que chaque entrepreneur peut recevoir, sans impôt ni charges sociales.

Vous trouverez plus d’informations ici à propos du mécanisme et des montants.

En bref, il s’agit de 100€ à 450€ par mois que vous pouvez acter … ou perdre à jamais !!

N’oubliez pas les frais de voiture, à 0,36€/km çà grimpera vite.

2. La location d’un bureau à votre domicile (Après constitution)

Vous démarrez dans votre salon ? J’ai fait pareil, le garage c’est un peu froid 🙂

Par contre, j’ai compté un loyer dès le premier jour suivant la création de la SPRL, même si je ne l’ai pas directement payé.

Quel montant ? De manière générale, vous devez raisonner par comparaison :

Combien couterait un loyer dans un bureau partagé tout près de chez vous ? 300€ à 400€ … N’exagérez ni dans un sens, ni dans l’autre.

Si cela ne vous semble pas évident, sachez que la question est vaste et vous devriez peut-être prendre contact avec un conseiller TwinnTax.

3. Les nombreux tickets qui précèdent la constitution (Avant constitution)

Un parking pour une formation, un abonnement à la suite Google … n’oubliez rien !

Voici une astuce pour les utilisateurs de TwinnTax :

ETAPE 1 : Créez un folder custom

ETAPE 2 : Nommez-le « Entreprise en constitution »

ETAPE 3 : Scannez vos dépenses

Vous veillerez à inscrire une reprise d’engagements dans l’acte constitutif de votre société.
Il est même possible de récupérer la TVA sur ces dépenses, moyennant certaines conditions que nous traiterons dans un prochain post.

Pour aller plus loin :

Biensur, il y a beaucoup d’éléments à prendre en compte. Chez TwinnTax, notre ambition est de vous fournir un outil digital, capable de détecter toutes les possibilités de déductions qui s’offrent à vous.

Pour des mécanismes plus avancés, nos experts vous conseillent par vidéo-conférence :

Frais Propres à l’employeur : Prenez Rendez-vous pour un diagnostique GRATUIT

Droits d’auteur : Prenez Rendez-vous pour un diagnostique GRATUIT

Cela vaut pour vous et aussi pour vos premiers employés !

Et bonne chance pour votre projet 😀